02 98 39 62 25
Contact Fax (sur rendez-vous) :
09 50 04 32 70
Siège social : 5 Hent Meneyer, 29 950 Gouesnac'h, France.
Correspondance : 2 impasse de Kervégant, 29 350 Moëlan sur mer, France.

La Bretagne est une région celte… Oui, mais qu’est-ce que ça veut dire ? La culture celte évoque dans l’esprit de chacun de nombreuses images, légendes, sonorités, mais tout se compliquent lorsqu’il s’agit de caractériser précisément ses liens réels avec la Bretagne. Qu’est ce qui est celte et qu’est ce qui est breton ? Les confusions historiques, géographiques et culturelles sont nombreuses et elles ont véhiculées par la culture populaire, l’exemple fameux étant celui des  aventures d’Astérix et de son village peuplé d’irréductibles gaulois, situé dans l’actuelle Bretagne. Les menhirs et les dolmens y font partie du quotidien et semblent être l’apanage des habitants de la côte Atlantique. Seulement en réalité, des menhirs et des dolmens ont été retrouvés dans toute l’Europe et ils ne datent pas de l’époque Gallo-romaine mais du néolithique, c’est-à-dire plusieurs millénaires plus tôt. Tant du point de vue de la géographie que de la chronologie, les origines de la culture celte sont donc complexes. Pourtant, aujourd’hui, la Bretagne mais aussi la Grande-Bretagne (Irlande, Ecosse, Pays de Galles et Cornouailles) sont, dans l’esprit de tous, terres celtes par excellence. La raison en est que, au cours des siècles, ces régions sont les seules à avoir conservé une langue celtique, les langues celtiques des autres régions d’Europe ayant été neutralisées par les invasions romaines puis « barbares » au début du Ier millénaire.


Le lieu d’apparition des premières peuplades celtes n’est pas connu avec certitude. Les civilisations de l’âge du bronze de Hallstatt (XIVe - Ve siècle avant J.-C.) puis de La Tène (Ve siècle – Ier siècle avant JC), qui se sont développées dans le nord des Alpes sont souvent considérées comme le foyer des celtes. Il est généralement affirmé qu’à l’âge du fer la culture celte s’étendait de la façade Atlantique aux confins de l’Europe de l’est. Pourtant, à la même époque, les auteurs grecs antiques Hécatée et Hérodote puis Pythéas situent les celtes dans l’ouest de L’Europe. Plus tard, César les localise plus précisément entre Garonne et Seine. Quoi qu’il en soit, dès le Ier millénaire avant J.-C. les îles britanniques sont celtes. Lors de la conquête romaine elles subissent moins de pression que les autres régions d’Europe et la culture celtique résiste. Plus tard, les habitants de Grande-Bretagne s’établissent en Armorique et créent la Bretagne. Ces circonstances expliquent que la Grande-Bretagne et la Bretagne sont les seules régions aujourd’hui fortement associées à la culture celte, malgré la présence de vestiges de peuples celtes partout en Europe. Les langues d’origine celtique telles que le breton, le gaélique, le gallois ou le cornique y ont survécu et leur déclin n’est que récent.



Arbres de la forêt Celtique



Les langues celtiques sont aujourd’hui en voie de disparition, les irlandais parlent anglais et les bretons parlent français. Pourtant, les populations de ces régions tiennent à l’héritage celtique et la celtitude est une manière de revendiquer une singularité ancrée dans l’Histoire. L’art celte s‘est développé dans toute l’Europe au Ier millénaire avant J.-C. Ses motifs, comme les esses et les triscèles sont aujourd’hui intimement liés à la Bretagne et à la Grande-Bretagne et évoquent directement ces régions aux habitants des régions voisines. Nombreux sont ceux qui arborent un pendentif ou une bague ornés entrelacs, achetés dans une petite échoppe bretonne. Le phénomène d’affirmation de la celtitude, à l’heure où les langues celtiques ne sont plus parlées que par une minorité, ressemble à un désir de singularité, à un retour à des racines pourtant floues. Une forte solidarité existe entre les régions celtes de l’ouest de l’Europe, en témoignent les nombreux jumelages entre villes de Bretagne et de Grande-Bretagne.


Cependant, la volonté de mise en valeur de la culture celtique ne doit pas être vue comme un repli sur soi, mais plutôt comme une volonté de conserver une culture originale et magique. Les mythes et traditions celtes sont enchanteurs, on pense au druidisme ou encore aux légendes du roi Arthur. Ils recèlent bien du mystère, à l’image des grandes pierres qui se dressent majestueusement dans le silence des plaines verdoyantes. Les mégalithes (dolmens, stèles et menhirs) récupérés du néolithique par la culture celte, ont probablement servi lors de cérémonies druidiques. Les plus célèbres sont ceux de Stonehenge en Angleterre et de Carnac dans le Morbihan, en Bretagne. Jusqu’à aujourd’hui des communautés (néo)druidiques ont à cœur de conserver ces pratiques uniques et fortement liées à la nature, abondante dans les régions celtes. Partie intégrante des rituels druidiques, la nature fournit les plantes médicinales et celles destinées à réaliser des sacrifices, comme le gui (oui, comme Panoramix) à cueillir sur les chênes. Les éléments, tels que l’eau lustrale, le feu des sacrifices, le brouillard qui rend invisible, sont aussi les alliés du druidisme.



Nymphe de la forêt



Si du druidisme au néodruidisme il n’y avait qu’un pas, qui a été franchi par certaines communautés, la celtitude s’affirme aussi à plus grande échelle, notamment à, travers des événements culturels publics des plus actuels Parmi eux, le Festival Interceltique de Lorient (Morbihan) qui accueille chaque été 350 000 personnes. Ce festival de musique celtique a eu lieu cette année du 3 au 12 août avec comme pays invité d’honneur… le pays de Galles. Synonyme de tradition autant que d’originalité, la culture celte conserve donc aujourd’hui toute sa vivacité et sa force d’attraction.

Shérine Taia.