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Paul Gauguin, de Pont-Aven et Le Pouldu aux îles Marquises, les lieux d’une œuvre.


Né à Paris le 7 juin 1848, Paul Gauguin est mort aux îles Marquises, à Atuona le 8 mai 1903. Ce célèbre peintre est d’abord impressionniste, et issu de ce mouvement,  il a réagi toutefois contre celui-ci en procédant dans sa peinture par larges aplats de couleurs sur un dessin également résumé. Sa recherche était celle d’une simplification des formes, éliminant les détails pour ne garder que la forme essentielle, simplification obtenue par l'usage du cerne et de l'aplat. Ses tableaux foisonnent de couleurs chaudes et de formes douces, mettent l’élément naturel au même niveau que les personnages. Il a voulu aussi, en symboliste, conférer à ses tableaux un sens spirituel. Aux sources de sa création, son séjour en Bretagne auprès du jeune Emile Bernard, en 1886, un jeune homme cultivé qui n’a que 18 ans, et Paul Gauguin lui 38, et avec quelques autres, il fonde ce qui s’appellera plus tard l’Ecole de Pont-Aven, et la naissance du synthétisme.



                         Paul Gauguin autoportrait
                         Photo de Everett-Art / Shutterstock.com



Paul Gauguin fut aussi ami de van Gogh qu’il retrouvera à Arles le 23 octobre 1888. Puis c’est le départ vers la Polynésie, en 1891. Il séjourne alors à Tahiti, et à Hiva-Oha, c’est certainement le peintre qui a le plus influencé les nabis et les fauves.

Bien que né à Paris dans une famille française de la moyenne bourgeoisie, les origines maternelles de Paul Gauguin sont au Pérou, sa mère était de la noblesse hispano-péruvienne, il vécut alors à Lima, chez un oncle, les premières années de sa vie (1849-1854). Son père décéda lors de ce voyage, et c’est une petite enfance en exil, qui marquera son attrait des voyages au long cours et de son goût pour l’exotisme.

A 17 ans, le 17 décembre 1865, il embarque, en qualité de novice sur le Luzitano, un 3 mâts qui se rend à Rio de Janeiro.  Puis il embarque vers le Chili et à Valparaiso, il remplit alors les fonctions de second lieutenant. Par le détroit de Magellan, à Port -Famine, Paul se rend sur la tombe de son père, puis se dirige vers Panama, et les îles polynésiennes, les Indes. Là, en 1867, il apprend le décès de sa mère.

En 1873, il épouse une danoise, Mett Gad, et fonde une famille de 5 enfants, 4 garçons et 1 fille. Le père de famille travaille alors comme courtier pour un agent de change à la bourse, la famille Gauguin mène alors une vie confortable à Paris.

La peinture a sa place dans cette vie, mais ce n’est alors qu’un loisir. Gauguin côtoie des peintres, mais est encore un artiste « du dimanche » certes déjà très talentueux, et aussi un grand collectionneur, surtout des œuvres de Pissarro, Degas, et aussi de Monet, Sisley, Cézanne, Manet, Renoir… Gauguin s’adonne donc tardivement à la peinture, il a 38 ans lorsque, influencé par les impressionnistes, et surtout Pissarro qui lui a appris à peindre, il choisit cette fois de se consacrer pleinement à son art, ceci après la déconvenue du Krach boursier de 1882.

Alors sa situation financière se dégrade rapidement, et ce sont des raisons matérielles tout d’abord qui l’amenèrent à Pont-Aven en 1886, laissant derrière lui, au Danemark sa femme et ses 5 enfants. Arrivé en Bretagne sud sur le conseil de Jobbe-Duval, il y trouvera de beaux paysages, une lumière qui l’inspire, et des auberges pas chères qui accueillent les artistes. De 1886 à 1894, Paul Gauguin séjourna plusieurs fois à Pont-Aven et au Pouldu, petite station balnéaire de la commune de Clohars-Carnoët.

C’est cette même année, en 1886 que va y naitre le symbolisme, une nouvelle tendance artistique, qui se démarque de l’impressionnisme et de la peinture objective, par celle du caractère propre du sujet, symbolisé par des traits essentiels. Cette année là, Paul Gauguin fait la connaissance de Charles Laval avec qui il se lie d’une profonde amitié, et ils embarqueront ensemble en 1887 pour Panama et la Martinique.

De retour à Pont-Aven en 1888, sa seconde rencontre avec Emile Bernard est décisive dans son œuvre, les deux artistes apprennent beaucoup l’un de l’autre. La maturité de vie de Paul Gauguin, et la technique d’Emile Bernard font que l’un et l’autre se complètent merveilleusement, et émerge le talent... A Pont-Aven, Paul Gauguin renoncera alors à l'impressionnisme pour élaborer avec lui à partir du symbolisme une nouvelle théorie picturale, le synthétisme.




Paul Gauguin toile bretonne
Photo de Everett-Art / Shutterstock.com



Et puis c’est l’air du temps à Pont-Aven, l’expression d’un idéal partagé par un groupe de peintres symbolisant la complémentarité des artistes entre eux. Ici, chaque artiste va apporter sa vision de ce courant artistique et y trouver sa place, chacun s’enrichissant des idées du groupe de peintres, de ce qui deviendra l’Ecole de Pont-Aven, telle qu’on la nommera par la suite. C’est l’époque où Paul Gauguin loge à la célèbre pension Le Gloanec, lieu de rendez-vous de tous les artistes de la bourgade qui comptait à l’époque environ 1 500 habitants, c’est ici que Emile et Paul se rencontrèrent. Les autres peintres célèbres de cette Ecole furent : Paul Sérusier, Maxime Maufra, Paul-Emile Colin, Charles Filiger, pour en citer quelques uns.




Paul Gauguin toile bretonne
Photo de Everett-Art / Shutterstock.com



Pont-Aven, fut tout d’abord découverte, avant 1880, par des artistes étrangers qui venaient y séjourner l’été, des Américains dont Robert Wylie, mais aussi des Anglais et des Polonais. Puis se créent des boutiques de couleurs et des galeries d’art, sous la bienveillance de la municipalité encourageant ce mouvement, et des auberges où on mange bien pour pas cher et qu’on peut payer avec ses toiles !

Le 23 octobre de cette année 1888, Paul Gauguin se rend à Arles voir son ami Vincent van Gogh, qui retrouve un peu de santé à la joie de cette visite, mais il y aura confrontation des idées et des méthodes de travail, jusqu’à ce jour de folie de van Gogh, le 23 décembre où il menaça Paul d’un rasoir, avant de se mutiler partiellement l’oreille droite…

Après une grande exposition à Paris au café Volpini, en 1889, Paul Gauguin revient en Bretagne, puis délaisse vite la pension Gloanec de Pont-Aven, pour aller s’installer avec ses amis, environ 20 kilomètres plus au sud, au Pouldu, à Clohars-Carnoët, il prend ses quartiers pour l’été à l’auberge de Marie Henry, appelée à l’époque : « la buvette de la plage ».



Le Pouldu
photo de Philippe Salin



Vous pouvez la visiter aujourd’hui, c’est un petit musée reconstitué dans la maison d’à côté de l’originale, mais à l’identique avec le mobilier d’époque. Au rez-de-chaussée se trouvent la cuisine, la buvette et la salle à manger dans laquelle furent reproduites les œuvres peintes dans celle d'origine. À l'étage, la chambre de Gauguin, côté cour, celle de Marie Henry et de Meyer de Haan, la salle de bain et, sur le côté rue, la chambre de Paul Sérusier.

Les rapports entre Marie Henry, une belle femme, et Paul Gauguin furent conflictuels, et passionnels, et elle gardera 25 toiles de l’artiste en paiement de ses séjours pour 300 francs de l’époque, et celui-ci lui fera plus tard un procès pour tenter de les récupérer. Il fut aussi jaloux de son ami Meyer de Haan, devenu finalement son amant.

Et c’est en 1891, que Gauguin quitte Le Pouldu et la Bretagne et en avril, il part pour Tahiti… Ceci rendu possible par une vente publiques de ses œuvres et l’achat par Degas de son célèbre tableau : « La belle Angèle », il est également missionné par le gouvernement pour une étude des coutumes et des paysages de ces contrées lointaines… de ces îles découvertes en 1767, protectorat tout d’abord, puis colonie française en 1880, si bien décrites par Bougainville, puis par Pierre Loti. Paul Gauguin cherche toujours son « ailleurs », et s’affirme un peu plus sa volonté de fuir la civilisation et la France, pour de nouvelles expériences, et retrouver l’Eden primitif qui l’attire tant.

  

                          Tahitiennes, Paul Gauguin   
                          Photo de Everett-Art / Shutterstock.com



Les idées développées à Pont-Aven lui permettent de trouver sa véritable voie en peinture. La force, que lui a transmise ce groupe d’amis, lui permet maintenant de continuer seul son œuvre. Il a sa propre force et n’a plus besoin de l’effervescence des autres artistes pour continuer à évoluer par lui-même, et enfin se réaliser vraiment. C’est aussi une certaine régression de sa petite enfance au Pérou, de sa quête intérieure, de ce qu’il y a de sauvage en lui. Et c’est ainsi qu’il peint la Polynésie, comme son jardin d’Eden qu’il a retrouvé, comme il la voit, non pas tellement comme elle est vraiment, pas une colonie mais un endroit idyllique.



Tahitiennes, Paul Gauguin
Photo de Everett-Art / Shutterstock.com



En 1894, Paul Gauguin reviendra une dernière fois à Pont-Aven pour la saison, c’est alors devenu un endroit unique en Europe, où se retrouve en été une centaine de peintres désormais.



Les îles Marquises
Photo de Bildagentur Zoonar GmbH / Shutterstock.com


Les îles Marquises
Photo de Umornos / Shutterstock.com



Puis, en 1895 c’est le deuxième séjour en Polynésie, et son adieu définitif à la civilisation, car il va finir là sa vie, aux îles Marquises. Il s’installe à Atuona, sur l’île Hiva Oa, une terre éloignée de tout, où se mélange cultes Mahori, et un catholicisme débutant avec quelques missionnaires, bien loin de toute autre influence européenne.



Les îles Marquises, Hiva-Oa
Photo de Umornos / Shutterstock.com



Tombe de Paul Gauguin
Photo de Annalucia / Shutterstock.com


Paul Gauguin y acquiert un bout de terre qu’il achète à la mission catholique. Il y construit « sa Maison du Jouir » au cœur du petit village. C’est ce qu’il cherchait, se retirer de la civilisation européenne et vivre et mourir en homme libre.

Philippe.