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Toile de Bernard Jund


Bernard Jund n’est pas Breton d’origine, pas plus qu’Alsacien ou Normand, Jivaro, Toltèque, Anar ou Utopien, peut être si l’on se fie à une lecture hâtive de son œuvre…
En vérité, Jund n’a pas d’origine, il est d’origine, de ce pays lointain d’où nous venons tous, avant les différences qui distinguent les Bantous des Wisigoths, les Amérindiens des Moëlanais. Il est du pays de notre violence initiale, de nos désirs secrets, de nos conquistadores intérieurs qui se déguisent en bons samaritains… Voilà pourquoi les Indiens d’Amérique l’intéressent.

 
  Toile de Bernard Jund    Toile de Bernard Jund   Toile de Bernard Jund


Sa peinture nous entraîne, sous des frondaisons étranges de nos Amazonies intérieures, au fond de nos peurs, de nos rêves indicibles. Elle nous livre des indices, nous montre des chemins mais nous laisse le choix de l’interprétation.

Les tableaux exposés à la maison 1932 nous convient à d’étranges cérémonies ; ils enflamment l’esprit, l’enchantent, le troublent. Jund déambule devant eux, affable et souriant sans laisser voir la dynamite qu’il cache dans ses poches ni la sueur qui coule dans son dos lorsque ses personnages et ses animaux fabuleux le regardent. Ils sont là, incrustés dans la toile, pour toujours, témoins muets du voyage initiatique dans les profondeurs où il les a conduits.


Bernard JundQuand il peint Jund ordonne, maîtrise la couleur et le trait. Il donne à voir une nature finement conjuguée aux êtres qui la peuplent, fussent-ils fabuleux. Parfois il se rassure, en nous rassurant avec des concessions aux convenances. Qu’on ne s’y trompe pas cependant : l’essentiel est ailleurs, derrière l’apparence et les conventions, sous les cuirasses et dans les culottes des conquérants.
 







  Bernard Jund   Toile de Bernard Jund   Toile de Bernard Jund

Dans les ombres, ça grouille, ça grince, ça coïte, ça contrepète allègrement sous le sable qui saupoudre la plage tranquille des tableaux. Voyez les titres : « les esprit incendiés », « Craboiseaux cramoisis », « guerriers de l’arc-en-ciel »…

Bernard Jund n’est pas Breton, on pourrait pourtant s’y tromper : sa stature, sa tignasse, sa morgue et la poésie de son chant des terres outragées me font irrésistiblement penser à Glenmore. Et quoi de plus breton que ce lieu choisi avec Françoise, sa compagne, pour marcher dans le reste du temps ? A deux pas de Kersell finit le continent. Kerfany : la falaise, abrupte déchirure, battue de ressac et de vent. Après c’est l’océan et l’Amérique au loin, mais si proche du cœur de Bernard Jund, l’Amérindien Moëlanais…

Mes oiseaux de ferraille se sont posés en territoire jundien pour l’été. Migrateurs, ils ont choisi ce lieu comme un site connu de toute éternité. Eux aussi viennent tout droit du pays d’origine. Tout de noir vêtus, ils semblent endeuillés, mais ça n’est qu’apparence. Le noir les protège de l’usure du temps : ils refusent en effet, de mourir comme avant, dans leur première vie, quand ils n’étaient qu’objets utilitaires, mis au rebut dans les décharges.

Pour l’heure, ils sont heureux de se trouver en aussi belle compagnie. Ils vivent et volent en rêve dans les forêts d’Amazonie. Quand reviendra l’automne, ils s’envoleront pour de bon vers un autre destin, par-dessus la falaise où se finit le continent.

Marc Birraux


Toile de Bernard Jund

 

Maison 1932
Galerie de peinture Art singulier
Kersell
29 350 Moëlan sur mer

tel: (00 33) 2 98 71 13 50
sur rendez-vous, exposition en été.