02 98 39 62 25
Contact Fax (sur rendez-vous) :
09 50 04 32 70
Siège social : 5 Hent Meneyer, 29 950 Gouesnac'h, France.
Correspondance : 2 impasse de Kervégant, 29 350 Moëlan sur mer, France.

ma Bretagne...



SaintThomasTV / Chaine Vimeo



J’ai grandi en banlieue parisienne. La Bretagne, c’était le lieu naturel des vacances d’été, chez ma grand-mère, dans le Finistère sud. Mes souvenirs de petite fille me transportent à Kérity, dans la commune de Penmarc’h. Je revois sa plage sauvage et blonde bordée d’herbes hautes, sa digue battue par les vagues - très impressionnante les jours de pluie -, son phare et les allées de son petit marché qui offrait à mes sens émerveillés, pains, jus de pommes et gâteaux bretons.

Dans ma mémoire, à côté de ces lieux que j’identifie plus ou moins précisément, il y a toute une mosaïques de noms et d’images que je ne suis pas sûre de pouvoir associer correctement: Saint-Guénolé, Pont-l’Abbé, Le Guilvinec, Loctudy, Plomeur… des ports, des plages, des champs, des chantiers de bateaux, des étals de poissons… Si mes souvenirs sont parfois flous, ils sont réunis dans ma mémoire par le souvenir de l’odeur vivifiante de l’air salé et de la sensation d’une faim et d’une fatigue saines, aiguisées par les balades au grand air.

Ces premiers contacts sensoriels avec la Bretagne ont fondé en moi une attirance instinctive pour l’atmosphère bretonne, pour son air, sa mer, ses goûts et ses odeurs, sa beauté et sa force, l’impression d’être au bout du monde, à la « fin de la Terre ». Lorsque je visite d’autres régions de France, j’ai toujours tendance à rechercher ces impressions, avant de me résoudre à réaliser qu’elles sont propres à la Bretagne. 

Ma grand-mère vit désormais du côté de Bénodet. Ce sont les alentours de cette ville qui me sont aujourd’hui les plus familiers, et je peux en parler plus précisément que de mes vagues impressions nostalgiques. En face du port de Bénodet, il y a celui, très joli, de Sainte-Marine. Le long de l’embouchure de l’Odet, du côté de Gouesnac’h, une balade me ravit, à travers le calme de ses bois, de petit port de plaisance en petit port de plaisance. La Bretagne que je connais ce sont aussi les mythiques Concarneau et Pont-Aven, depuis toujours des destinations de prestige lors de nos excursions familiales. Pont-Aven, surtout, synonyme pour moi de déjeuners à la crêperie, de boissons fraiches en terrasse, de visites de galeries - et ma fierté en cours d’Histoire de l’Art de savoir déjà que Gauguin y avait séjourné et que le mouvement Nabi y était né. Et bien sûr Quimper, dès la descente du train en provenance de Paris-Montparnasse, noble ville aux rues anciennes et animées, et sa belle cathédrale, ou encore son musée des Beaux-Arts…

Il y a aussi les origines de ma famille, ancrées du côté de Moëlan-sur-mer. J’aime la plage de Kerfany, belle, en anse, surmontée de pins. Pins qui, si j’en crois ce que l’on m’a raconté, ont été plantés sur l’initiative d’un de mes aïeux. Je me souviens qu’à leurs pieds ma mère a trouvé un été de nombreux trèfles à quatre feuilles… peut-être un clin-d’oeil de l’arrière-arrière-grand-père? Oui, la Bretagne a toujours pour moi été revêtue d’habits magiques - oserais-je « druidiques » ? - qui la rendent à mes yeux d’autant plus singulière et comme intemporelle.

Au bonheur de retourner chaque année dans la Bretagne que je connais, s’associe la conscience de ne connaitre qu’une toute petite partie de cette région. Il me reste encore beaucoup d’air breton à respirer. Naïvement, je m’étonne chaque fois que je rencontre quelqu’un qui ne connait pas la Bretagne. Je ne peux m’empêcher de penser que ce que j’y trouve d’irremplaçable - sa rudesse et sa beauté, ses couleurs minérales, son authenticité culturelle, culinaire et architecturale, ses paysages variés et uniques - personne ne pourrait non plus s’en passer après y avoir goûté.

 

Shérine El Sayed Taih